C'est une première en France, à l'échelle d'un département entier : 300 communes landaises (sur 331) vont très prochainement être dotées de défibrillateurs cardiaques, tandis que la population adulte et volontaire va être formée pour les utiliser.
À l'origine de cette initiative de l'Association des maires des Landes, menée en collaboration avec le service départemental d'incendie et de secours (Sdis 40) et de l'Union départementale des sapeurs-pompiers, une histoire. Celle d'un maire d'une commune de 85 habitants, en place depuis 42 ans. « Je ne vous dirai pas de qui il s'agit », tait le trésorier adjoint, Jean-Jacques Darmaillacq, maire d'Amou. Qui, en revanche, dira tout le reste. Qu'au fin fond de ce coin des Landes tellement isolé qu'il est surnommé « la Sibérie », cet élu souffre de « troubles du rythme ». C'est au cours de son hospitalisation qu'il apprend que, depuis le 4 mai 2007, l'utilisation des défibrillateurs cardiaques n'est plus seulement réservée aux professionnels de santé. Un appareil qui peut sauver la vie quand on habite à 20 minutes d'un centre de secours.
Sauver 3 000 ou 4 000 vies
Une idée corroborée par les statistiques : d'après le Samu, 50 000 décès par an sont attribués à un arrêt cardiaque. « Le recours aux défibrillateurs pourrait sauver 3 000 à 4 000 vies chaque année en France », commente le lieutenant-colonel Daniel Garnier, médecin au service de santé et de secours médical. À condition d'intervenir vite. Très vite. « Chaque minute compte. Au bout de cinq minutes, il n'y a plus que 50 % de chances de sauver la victime. Au bout de dix minutes, il n'y a plus aucune chance. » Or, vu l'étendue du département, il fallait « renforcer le premier maillon de la chaîne de secours, le maillon faible ».
Premier acte du dispositif landais : doter le maximum de communes d'appareils. 300 devraient ainsi recevoir la précieuse machine, un appareil d'1,5 kg dans son étui rouge, à guidage vocal. Assurés contre le vol ou les dégradations par le vendeur, les défibrillateurs seront placés dans des salles polyvalentes, ou mieux, accessibles à tous, 24 h sur 24 h.
Formation
Reste à savoir se servir d'un tel appareil. Précision importante : la machine analyse elle-même la situation et ne délivre de choc qu'aux victimes effectivement en arrêt cardiaque. Malgré cette précaution, et le guidage vocal qui dicte les gestes à suivre, jusqu'à l'arrivée des secours, un plan de formation sera déployé sur le département et confié à l'Union départementale des sapeurs-pompiers des Landes. « 20 000 Landais volontaires seront en effet formés », explique le major Patrick Labeyrie, président de l'union. En priorité, le personnel communal, les responsables associatifs et tous les organisateurs de rassemblements. « On est en train d'organiser un plan », poursuit le major.
Une cinquantaine de formateurs seront mobilisés autour des centres de secours. Et au-delà de cet enseignement spécifique, une information plus large sera dispensée par le biais d'un DVD, d'un mannequin gonflable et d'un défibrillateur factice. Le tout accompagné d'une présentation d'une heure afin de familiariser le plus grand nombre au maniement de la machine. « Pour démystifier l'appareil, rappeler les premiers gestes de secours si essentiels pour la santé publique. »
550 000 euros
Concrètement, les défibrillateurs seront progressivement installés dans les communes landaises dans les prochaines semaines : fin décembre, tous les appareils devraient être livrés, tandis que les formations vont commencer à la fin du mois. Budget de l'opération : 388 477 euros pour l'achat des défibrillateurs. Et au total, avec les DVD d'information et les sessions de formation : 550 000 euros, en partie sponsorisés par des partenaires.
Un plan de sauvegarde pour les communes
Après la tempête Klaus, l'Association des maires des Landes a reçu un grand nombre d'aides, sonnantes et trébuchantes : les profits du concert de Francis Cabrel, les dons récoltés par les associations, les clubs sportifs etc... Après réflexion, l'Association des maires des Landes a décidé d'affecter ces sommes à la création de plans communaux de sauvegarde pour l'ensemble des communes landaises. En effet, à ce jour, seulement cinq d'entre elles ont réussi à mettre en place le dispositif, et à le tenir à jour. « Afin que nous ne soyons plus pris au dépourvu comme nous l'avons été pour la tempête Klaus », explique Jean-Yves Montus, président de l'Association des maires. Ainsi, le projet va être confié à une cellule spéciale, composée de pompiers professionnels en retraite, qui en partenariat avec la Préfecture, le Sdis, le Conseil général, devra réaliser le plus vite possible un plan technique le plus fiable possible. Une opération subventionnée à 50 % par les fonds européens. « C'est indispensable que toutes les communes soient dotées d'un tel outil », conclut le président.
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