Le Dr Hurpe et le professeur Grollier, du CHU de Caen, rappellent l'importance d'équiper villes et communes pour sauver des vies.
Pourquoi ? - Comment ?
À quoi sert un défibrillateur ?
« Tous les arrêts cardiaques sont des fibrillations ventriculaires et provoquent ce qu'on appelle une mort subite si rien n'est fait, explique le Dr Jean-Michel Hurpe, cardiologue au CHU de Caen. Le défibrillateur administre un courant électrique au coeur permettant de stopper la fibrillation cardiaque. » La fibrillation ventriculaire est un trouble grave du rythme cardiaque. Les contractions du coeur deviennent anarchiques et inefficaces ne permettant plus au coeur de jouer son rôle de pompe.
Où trouve-t-on des défibrillateurs ?
« L'association Cardiologie à la portée de tous, regroupant des cardiologues du CHU, a lancé différents projets d'installation de défibrillateurs dans les villes de Basse-Normandie avec un programme de formation à la clé », rappelle le professeur de cardiologie au CHU de Caen, Gilles Grollier. La première commune à avoir été équipée est Cabourg en 2007 où « nous en avons installé 15 et avons formé 10 % des habitants. La Basse-Normandie est une région pilote pour la mise en place de ses appareils. Nous sommes souvent sollicités pour expliquer comment nous avons procédé ». Dans le Calvados on en trouve à Deauville, Caen, Ouistreham, Courseulles, Cormelles-le-Royal et Falaise « où nous avons formé 800 personnes ».
Que faut-il faire en cas d'arrêt cardiaque ?
« Il faut desserrer ceinture et col de la victime pour faciliter la respiration », poursuit le Dr Hurppe. Puis commencer le massage cardiaque manuel « à raison de 30 compressions au milieu de la poitrine puis souffler deux fois dans la bouche du malade en inclinant légèrement la tête en arrière et en lui bouchant le nez et recommencer le massage ». Prévenir le 15 (Samu) et envoyer quelqu'un chercher un défibrillateur dans l'un des points les plus proches. Allumer le défibrillateur, placer les électrodes, suivre les consignes. Ne pas toucher la personne pendant que le défibrillateur fonctionne. « Plus un patient est pris en charge vite et moins il aura de séquelles ».
Où pensez-vous installer d'autres défibrillateurs ?
« Nous commençons à travailler avec les communautés de communes notamment avec celle de Grainville-sur-Odon. Mais nous aimerions que les complexes sportifs en soient également tous dotés », martèle Jean-Michel Hurpe. « En France, si vous faites un arrêt cardiaque, vous avez 2, à 3 % de chance de vous en sortir sans séquelles. Aux États-Unis, on passe à 20 % dans les grandes villes. Nous aimerions arriver à ces résultats. »
Et surtout faire prendre conscience aux citoyens l'importance de se former « afin de pouvoir sauver des vies. Il serait bien aussi que les personnes qui jouent avec les défibrillateurs ou les cassent se rendent compte que cela pourrait sauver un membre de leur famille. »
source: http://www.ouest-france.fr |